Le Secret maçonnique, des secrets maçonniques au Mystère initiatique
E.M.E. – L’Harmattan, 2018
La société civile contemporaine n’apprécie guère le maintien de secrets que la quête d’une excessive discrétion rend plus suspects que sympathiques. Aussi importe-t-il que des initiés témoignent en évoquant les sources philosophiques de leur engagement, dans une approche destinée à faire rayonner les idéaux maçonniques en manifestant ce qu’ils sont : une voie d’émancipation individuelle et collective vécue dans un esprit de liberté et de fraternité à vocation universelle. Y a-t-il un secret maçonnique ou n’est-ce que légende propre à susciter la curiosité ? S’il existe, quel sens a-t-il aujourd’hui ? Peut-il se communiquer ou est-il définitivement indicible ?
Boris NICAISE répond sans tabou à la question la plus souvent posée au sujet de la franc-maçonnerie : le secret maçonnique existe-t-il ?
Un livre pour tous !
Extraits
Est-ce que je peux te dire un secret ? Non, bien sûr que non, sinon comment serait-ce encore un secret ? Est-ce que je peux te dire un secret ? Oh, oui, oui, oui, dis-moi vite ! Je te promets de ne pas le répéter ! Mais peux-tu garder un secret ? Dis-moi d’abord, on verra après ! Non, jure-moi de ne pas le répéter. Mais comment veux-tu, puisque je ne sais pas ce que c’est ?
Secret de famille, secret de métier, secret professionnel, innombrables lieux du secret. Pourtant, détenir un secret n’a de sens que s’il peut se partager. Le secret n’existe que dans le silence et n’advient que dans le partage. Dire le secret est un défi, un risque, une trahison, un parjure, une abnégation, un don de soi, une preuve de confiance, un acte d’amour. Dire un secret tue le secret, qui ne peut exister sans cela. Taire le secret est une loyauté, une noblesse d’âme, un acte mafieux, une volonté d’élitisme. Taire le secret maintient en vie le secret, l’assassine à jamais par non-transmission.
La pratique du secret est manifestation et condition de la démocratie, fondement même de ce type de régime politique en ses ambivalences qui se répondent sans cesse, refusant les extrêmes de la transparence et de l’obscurité, pour peut-être atteindre une certaine translucidité où la vie intérieure reste possible, elle qui est depuis toujours le lieu des gestations.